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FILM SUIVANT
Le Portrait de Dorian Gray
Oscar Wilde
The Picture of Dorian Gray
Play of the Month : The Picture of Dorian Gray
- 19 Septembre 1976 (Saison 12, Episode 1)  - BBC One
Rôle: Basil Hallward
The Picture of Dorian Gray (1976 TV)
VIDÉOS DORIAN GRAY (10 VIDÉOS)
Le Portrait de Dorian Gray (roman intégral sur Ebook)
Dorian Gray, jeune homme d'une extrême beauté, fascine son ami le peintre Basil Hallward dont il est la source d'inspiration. Ce dernier exprime le summum de son art en réalisant le portrait de Dorian qu'il considère comme sa plus belle œuvre jamais créée.
 
Lors d'une séance de pose, Dorian fait la connaissance de Lord Henry Wotton, un ami intime de Basil qui l'émerveille par ses idées grisantes sur la jeunesse et le plaisir et l’initie à son mode de vie. Basil le met en garde contre l'influence pernicieuse de Lord Henry et implore celui-ci de ne pas corrompre l'âme pure de Dorian. En vain, Dorian est déjà séduit.
 
Jaloux de l'inaltérable beauté  de son portrait et terrorisé à l'idée de vieillir, Dorian fait le vœu que l’ordre des choses soit inversé. Inexplicablement, le tableau vieillit à sa place tandis qu'il conserve intacte sa jeunesse. Il mène alors une vie libre et dissolue, guidée par la seule recherche du plaisir sans barrière morale.
Jeremy Brett ...  Basil Hallward
Peter Firth ...  Dorian Gray
John Gielgud ... Lord Henry Wotton
Judi Bowker ... Sibyl Vane
Nicholas Ball ...  James Vane
Nicholas Clay ... Alan Campbell
Gillian Raine ... Mrs. Vane
Gwen Ffrangcon Davies ... Lady Agatha
Nan Munro ... Duchess of Harley
Mark Dignam ... Lord Fermor
Michael Barrington ... Mr. Erskine
Reginald Barratt ... Mr. Hubbard
Oscar Wilde décrit avec beaucoup d'imagination l'inspiration de l'artiste et fait de Dorian toute l'âme du travail de Basil. C'est cette transmigration de personnalité et d'âme sur la toile qui entrainera des conséquences fatidiques...
 
Jeremy Brett incarne Basil Hallward, un peintre talentueux à l'idéal romantique. Son art a besoin d'un modèle et il en trouve l'écho parfait en Dorian Gray dès l’instant où il le rencontre.
 
Basil est fasciné par la beauté et la personnalité du jeune homme qui devient sa source d'inspiration. C'est un idéal esthétique universel qui s’incarne en lui et inspire magnifiquement l'artiste.
 
Cependant, Basil ne désire pas vendre son art de peur qu'il révèle son âme, ni exposer le portrait dont il dit "J'y ai mis trop de moi-même". Il offre son tableau à Dorian, devenant malgré lui, le créateur indirect de la corruption de son ami.
Basil a des valeurs de bonté et de charité, d'emblée, il redoute la mauvaise influence de Lord Henry Wotton sur Dorian. L'existence de l'aristocrate n’est que matérialisme, luxe, réalisation de ses plaisirs et Dorian est un garçon naïf, manquant de confiance en lui et fortement influençable. Et en effet, Lord Henry le subjuge très vite avec de nouvelles idées que Dorian assimile sans propre réflexion.
 
Basil pressent immédiatement que l’influence amorale de Lord Henry engendrera une catastrophe. Il demande à son ami de ne pas détruire ce qui rend Dorian si unique à ses yeux, "cette nature simple et belle" et son "plus cher ami". Sa vie d’artiste dépend de Dorian. Il le supplie Lord Henry de faire "attention, Harry, ne le gâtez pas, je vous en conjure."
 
Dorian voit les théories de Lord Henry comme la révélation d’une vérité cachée. Il se les approprie, se révélant à lui-même. Il glisse dès lors, dans les plaisirs décadents à corps perdu et une spirale infernale de perversion.
Tout d'abord inconscient de son physique, Dorian pose sans arrière pensée pour son ami Basil. Mais le portrait une fois fini lui fait prendre conscience de sa beauté et de l'effet qu'elle produit. Lord Henry loue la beauté et la jeunesse et l’exhorte à en profiter avant qu’elles ne passent. Dorian incarne physiquement son idéal esthétique et l'aristocrate trouve désespérant qu'il soit condamné à vieillir.
 
Sous son influance, Dorian devient narcissique, obsédé par sa propre apparence. Il accable Basil de critiques et de reproches. Il l'accuse de ne l'aimer que pour sa beauté et sa jeunesse. Dès qu’il vieillira, c’en sera fini et Basil le quittera. Dorian avoue plus tard à Basil : "Je suis jaloux du portrait - à chaque instant il me prend quelque chose. Pourquoi l'as-tu peint, pour qu'un jour il se moque de moi ?"
 
Une fois son vœu "faustien" exaucé, son changement de personnalité est radical. Dorian adopte les manières d’un dandy désabusé, égocentrique et amoral, ne ressentant aucune empathie pour les gens. Il profite d'une personne jusqu’à ce qu'elle ne l’intéresse plus.
Après la diffusion du film dans le cadre de BBC "Play of the Month" le 19 Septembre 1976, la plupart des critiques ont trouvé intéressante l'adaptation de The Picture of Dorian Gray réalisée par John Gorrie.
 
D'après Craig Butler de All Movie Guide :
"Cette version du conte très souvent filmé d'Oscar Wilde, est à bien des égards la plus fidèle à l'histoire originale de Wilde. Elle montre aussi sciemment de façon claire, les sous entendus homosexuels de l'histoire. La production réalisée pour la télévision semble parfois obscure, mais la distribution parfaite y supplée."
 
"Jeremy Brett, malgré une fâcheuse coiffure, incarne un Hallward tout en finesse, en particulier dans l'importante scène de la confession."
FILM PRECEDENT
John Gielgud, bien qu'il ait environ dix ans de trop pour le rôle de Lord Henry Wotton, est considéré comme l’un des plus grands interprètes du théâtre britannique, et campe parfaitement le dandy blasé, superficiel et cynique.
 
Jeremy Brett offre un portrait sensible et émouvant, tout en retenue et en nuances, de l'artiste angoissé Basil Hallward.
 
Peter Firth, à peine 23 ans dans cette production, tient son rôle de Dorian Gray avec grâce et talent, montrant une candeur puis une cruauté convaincantes au fil de l'évolution de son personnage. Néanmoins, on peut le trouver fade physiquement et trop enfantin pour mettre en évidence le caractère si complexe créé par l'auteur.
 
On peut imaginer que Jeremy Brett, qui a tenu ce rôle à 28 ans dans une adaptation télévisée de 1961, devait incarner le Dorian idéal !
"Le Portrait de Dorian Gray" est l’unique roman de l'écrivain irlandais Oscar Wilde (1854-1900), publié en 1890  et écrit dans le contexte gothique de l'époque victorienne.
 
Roman fantastique, mais aussi philosophique, basé sur le Bien et le Mal, et sur l'Art qui transcende cette dualité. Oscar Wilde inclut dans cette œuvre qui fit son succès, les thèmes relevant du mouvement Esthétique, tels que la Beauté, la Jeunesse, la Morale ou l'Hédonisme.  L'œuvre met en lumière toute la personnalité, scandaleuse à l'époque, du dandy Oscar Wilde, en particulier son homosexualité.
 
L'histoire a inspiré de nombreuses adaptations, sur petit ou grand écran. Après avoir interprété le rôle titre du jeune Dorian Gray en 1961, Jeremy tient ici le rôle du peintre Basil Hallward.
 
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Basil a vielli et souhaite désormais exposer son œuvre, mais il se heurte au refus de Dorian, qui, terrifié, se voit contraint de lui dévoiler le tableau avili et défiguré. Le peintre ne le reconnaît pas et comprend alors le terrible secret de l'apparence juvénile de Dorian. Horrifié, il le traite de meurtrier. Dorian est pris d’une haine soudaine et incontrôlable et tue brutalement Basil avec un couteau.
 
Un jour, le frère de Sibyl Vane reconnaît Dorian qui traine dans les bas-fonds de Londres. Il tente de le tuer, mais Dorian échappe à la mort grâce à sa jeunesse éternelle. Hanté par sa mauvaise conscience, il décide de réaliser une "bonne action". Le portrait n'embellit pas pour autant et se marque davantage de sa vanité et de son hypocrisie.
 
Accablé, tourmenté par une énorme culpabilité, Dorian, ne trouvant plus la paix, tente de détruire son portrait à coups de couteau. Ce qui cause sa perte... On découvre un viel homme hideux et repoussant gisant poignardé au cœur au pied du portrait intact redevenu tel qu'au premier jour.
Mais rien de choquant ici, seulement des sous-entendu. John Osborne a intentionnellement privilégié les suggestions d'homosexualité, thème cher au dandy irlandais, qui, en tant qu’homosexuel, menait également une double vie.
 
On peut regretter la limitation à la performance théâtrale dans ce format, ainsi que le passage peu convainquant des années côté maquillage. Ce n'est guère plus satisfaisant côté cheveux, on est très loin des coiffures victoriennes, sinon revisitées par un brushing permanenté des années 1970 !
 
Le script est bien écrit et chaque personnage est crédible servi par un jeu d'acteur solide. L'intrigue se concentre sur le trio des protagonistes principaux dans un huis-clos intimiste et disert où toutes les scènes se tiennent dans quelques intérieurs. L'histoire avec Sibyl Vane (Judi Bowker) est mise en lumière tandis que les autres protagonistes, tels son frère (Nicholas Ball) ou Alan Campbell (Nicholas Clay) restent plus en retrait.
 

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L'adaptation du roman gothique d'Oscar Wilde dure ici 1h 40min ce qui conduit à des ellipses ou des raccourcis dans l'histoire. Mais c'est un exellent hommage aux talents de l'auteur, très fidèle à son œuvre. On retrouve son texte et ses mots d'esprit dans la bouche des acteurs qui offrent une brillante prestation.
 
Néanmoins, il est difficile de retransmettre sur petit écran la complexité et le  foisonnement des thèmes abordés par le roman : l’art, la littérature, le culte de l'image, la suprématie de la jeunesse et de la beauté, la morale, l’influence négative, la volonté, la nature superficielle de la société, etc...  L’auteur le plus représentatif de la fin de siècle en Angleterre prônait le décadentisme et "l’art pour l’art"affranchi de toute barrière morale
 
Le roman fit scandale à sa parution à cause de sa façon de décrire la débauche de Dorian (sexe, drogue) sans que son immoralité soit jamais condamnée.
Un temps, le jeune homme tombe amoureux d'une actrice, Sibyl Vane, lui promettant le mariage. Mais un soir au théâtre en la voyant si mal jouer sur scène, il réalise qu'il l’aime uniquement pour son talent, et, dégouté, la répudie. Sibyl, désespérée, se suicide.
 
Dorian n'éprouve rien et continue de jouir de la vie. Basil ne reconnait plus son ami mais lui reste fidèle et malgré les rumeurs qui circulent, est toujours sous le charme fascinant de son air d'ange.
 
Plus les années passent, plus le tableau prend sur lui la laideur de l'âge et de l'âme de Dorian. Alors que son visage demeure intact et innocent, chaque trace de ses excès et de sa dépravation s’y inscrivent jusqu'à représenter une créature hideuse et répugnante.
 
Dorian recouvre le portrait qui reflète trop cruellement ses péchés et torture sa conscience. Mais il commence à devenir paranoïaque de peur que son secret puisse être découvert...
Basil tente vainement de le dissuader de continuer sur cette pente. Au fil du temps, la dépravation et les méfaits de Dorian sont notables, mais il demeure à l’abri de tout soupçon grâce au masque de son éternelle jeunesse. Ainsi en présence de Dorian et sous l’emprise de son charme fascinnant et de son visage innocent, Basil refuse de croire aux rumeurs qui courent sur lui.
 
Pourtant, Dorian se complait dans une dépravation sans espoir de rédemption. Pour lui, le portrait est le reflet de sa conscience extériorisée, une vision d'horreur qu'il cache. Il l'enveloppe d'abord, puis la déplace dans son grenier. Mais le tableau finit quand même par le détruire.
 
Il cause également la perte de Basil. Refusant initialement d’exposer ses portraits de Dorian, Basil a finalement changé d'avis. Quand il vient voir Dorian pour récupérer son œuvre, celui-ci est pris d'un accès de rage. Il est malheureusement trop tard quand Basil découvre que sa peinture est la malédiction de la jeunesse éternelle de Dorian et le témoin monstrueux de ses péchés. Basil aura été la seule personne à connaître le secret de Dorian et voir la toile défigurée et enlaidie.
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