Comme d'habitude, Jeremy préparait son interprétation au delà du simple script. Dans une interview pour le magazine canadien de télévision Starweek, il déclara qu'il avait découvert que Pitt buvait une bouteille de porto par jour, habitude qui le rendait décharné, mais qui lui laissait "la voix chaude et résonante". Jeremy apprit également que Pitt avait de "longs pieds", c'est pourquoi il portait "de larges chaussures dans les quelles il flottait." Il admettait que "Pitt n'était pas le plus attrayant des personnages, mais il était un brillant homme d'état. C'était très excitant de jouer cet homme racé, à l'esprit brillant, extraordinaire, et physiquement maigre, faible et épuisé."L'acteur garda fièrement un souvenir mémorable du tournage à l'occasion de la visite du Premier Ministre de l'époque, Margaret Thatcher. Elle arriva un matin pour le rencontrer personnellement et visiter le plateau.
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Number 10 : Bloodline- 27 Mars 1983 (Saison 1 , Episode 7) Yorkshire TelevisionRôle : Premier Ministre William Pitt the Younger
Dans cet épisode, Jeremy est très bien entouré d'acteurs de talent. A ses cotés, Keith Barron qui joue son frère le duc de Chatham, et qu'il retrouvera dans le rôle de Ferguson du "Vampire de Lamberley".William Pitt est considéré comme l'un des meilleurs rôles de Jeremy. L'acteur est magistral et atteint le sommet de son art. C'est l'un des épisodes préférés des brettiens et de moi-même. Son interprétation est toute en nuances et subtilité. Jeremy transcende le rôle, libère une sensibilité et une émotion vibrantes, que seul un acteur de son calibre peut réaliser. Il rend palpable la douleur de Pitt, le conflit intérieur de cet homme torturé entre passion et raison. Les amours impossibles sont toujours tragiques, mais tellement beaux... Mais son interprétation d'un homme tourmenté par ses démons, luttant pour garder sa santé mentale, est aussi bouleversante par certains aspects que l'acteur connaitra dans les dernières années de sa vie.
Jeremy campe un parfait William Pitt. On s'est de toute évidence basé sur le portrait de John Hoppner (ci-dessus), malgré qu'il soit bien postérieur à l'intrigue, tant la ressemblance au niveau physionomie et physique est frappante. Jeremy apparaît maigre et émacié totalement investi dans son personnage. "Bloodline" peut ne pas être historiquement fondé, n'empêche qu'il dresse un portrait poignant de Pitt et qu'il est difficile de ne pas compatir face à ses tourments, qu'il noie dans le porto (en fait il buvait du porto depuis l'âge de 14 ans, prescrit comme remède contre la goutte). Bien évidement Pitt va respecter la promesse faite à son père et refuse d'épouser Eleanor. Se doutant que s'il lui expose ses motifs, elle va les balayer d'un revers de main en disant que ça lui est égal, qu'elle l'aime et qu'elle est prête à courir le risque qui menace de folie son mari et leurs futurs enfants, il lui raconte qu'en fait il ne l'aime pas réellement, qu'elle est trop jeune. On assiste à une scène tragique à la fin de l'épisode et à la dévastation du brillant homme d'état. C'est les grands points forts de l'interprétation de Jeremy, il passe avec une grande fluidité du politicien froid et prématurément vieilli, à l'amoureux transi, puis à l'homme qui se fissure de toute part et s'écroule.L'épisode est malheureusement très court après un préambule un peu long et ne traite que l'aspect politique, restant finalement très en retrait, même si l'on a droit à une scène avec Fox qui vient jouer les trouble-fêtes. Concernant la romance entre Pitt et Eleanor, on a tout de même l'impression d'aller un peu vite en besogne, tous deux semblent trop familiers l'un envers l'autre et leur relation prématurément intime. La scène d'étreinte passionnée dans la grange n'était pas non plus indispensable.Plus techniquement, la façon de filmer a aussi pas mal vieillie, elle est très statique, les couleurs sont malheureusement passées et dégradées, le maquillage n'est pas toujours heureux. Mais l'interprétation et l'écriture permettent de maintenir un intérêt constant et de s'investir dans l'histoire. Un clin d'œil nous est même fait en montrant un dessin du caricaturiste et graveur britannique James Gillray (1757 - 1815) célèbre pour ses œuvres satiriques à caractère politique et social.
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